>Le ton juste

La face cachée au Pape

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Le président Rajoelina l’a accueilli sur le tarmac avec son épouse. Un président avec des lunettes. Et si on prêtait au Pape ces lunettes pour qu’il voie ce qu’on lui cache ?

 

Le président Rajoelina est venu accueillir le Pape François à sa descente d’avion. Un pape qui arrive en avance sur l’horaire. Une première surprise. La deuxième surprise c’est de voir le président Rajoelina avec des lunettes. Et, si on prêtait ces lunettes au Pape pour qu’il voie ce qu’on lui cache ?

Que lui cache-t-on ? Que les Barea ont mis plusieurs heures pour parcourir le même parcours que le pape a emprunté ce 6 septembre au soir. Alors que le pape a mis moins de 60 minutes. On a caché au pape l’ambiance bon enfant que la peuple a vécu lors de l’arrivée des Barea et on offert au Pape une ambiance kitch loin des tumultes et bouillonnement dont sont habitués les Gasy…

Que lui cache-t-on ? On lui cache toutes les saletés qi font dire qu’Antananarivo est la capitale la plus sale du monde. Un titre qui n’honore pas les Malgaches loin de là. Parout où le pape a posé ses yeux hier durant le trajet Ivato-Ivandry il n’a vu que des gens heureux, propres. Point de peau de banane ou de sachet ni même de mégot. Tout était clean.

Que lui cache-t-on ? Beaucoup de choses et on peut emprunter les posts de quelques personnes qu’on peut qualifier de lanceur d’alerte sur les réseaux sociaux comme les  Gothlieb, Patrick Raharimanana, Rivo Rakotodrasanjy et tant d’autres.

Gothlieb, le comique, lui lance une invitation au Pape pour un déjeuner à son domicile et puis une sortie sans chichi pour voir les réalités.

Rivo Rakotodrasanjy, l’entrepreneur lui veut entendre ce que va dire le pape qui a la mainmise sur la psychologie collective du tiers de la population.

Patrick Ramiaramanana, porte-parole des jeunes il y a 30 ans lors de la visite du Pape Jean-Paul II dans son style remercie le pape de cette visite car avec cette visite la ville est nettoyée, des ravalements faits, le gouvernement s’active et s’agite les mesures de sécurité draconiennes sont prises surtout dans la Capitale mais aussi ailleurs. Une insécurité tangible et au quotidien que ne peut pas montrer les caméras de surveillance installée lors de cette visite apostolique. Il demande au pape de venir nous rendre visite souvent pour parfaire ce qui reste car des travaux il en reste.

Et que cache-t-on encore ? Tant de choses innommables, une grande pauvreté, les trafics en tout genre trafic des ressources naturelles, trafic humain… Pour certaines personnes la visite au Centre Akamasoa est un trompe l’œil. La pauvreté n’est pas là-bas… Elle est autant matérielle que spirituelle et surtout morale.

On souhaite que les cris de ces lanceurs d’alerte ne tombent pas dans les oreilles d’un sourd et que des œillères ne cachent pas ces dures réalités.

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